Interview AIFE: APIs the fundamental basis for transformation [Article in French]

interview AIFE
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The Agency for State Financial Computing (AIFE in French) is attached to the Ministry of Public Action and Accounts and is an inter-ministerial body. Régine Diyani, its director, details how major dematerialization projects such as Chorus and Chorus Pro have helped to confirm her belief that institutional transformation is very much about seeking consensus and sharing. In this blog, she analyzes what makes APIs the fundamental basis for this transformation.

[TEXT BELOW IN FRENCH]

« Ces entreprises qui se transforment en écosystèmes grâce aux API »
Cycle de partage d’expériences autour des enjeux stratégiques et business des écosystèmes et des API

Axway vous propose une série d’interviews et de rencontres, pour faciliter à la fois les témoignages et décryptages, et l’accès à l’expertise et à des visions inspirantes, pour les DSI/CDO/Directeurs Transformation qui réinventent leur rôle dans leur entreprise.

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#4 Interview de Régine Diyani – Directrice, AIFE

« Nous construisons des briques importantes de l’Etat Plateforme »

Rattachée au ministère de l’Action et des Comptes publics, l’Agence pour l’Informatique Financière de l’Etat (AIFE) est à vocation interministérielle. Régine Diyani, sa directrice, détaille les projets menés et sa conviction : la transformation des institutions est profondément une question de recherches de consensus et d’échanges

Durant la dernière décennie, l’AIFE a mené tour à tour les projets de dématérialisation Chorus[i] et Chorus Pro[ii]. En quoi cette transformation vous parait-elle symptomatique de la nouvelle dynamique d’écosystème qui se joue dans le secteur public ?

Notre vocation première a effectivement été de produire un nouveau système d’information budgétaire et comptable pour l’Etat, baptisé Chorus, qui permette de mettre en œuvre la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF), et de fournir un cadre normalisé qui aligne les processus de l’Etat avec les bonnes pratiques financières, budgétaires et comptables. En construisant Chorus, nous avons été dès le début à la recherche d’un consensus entre tous les acteurs concernés. Il fallait faire en sorte que tous les ministères jouent le jeu et s’engagent vraiment dans une vision commune. Chorus a été l’un des rares grands projets interministériels à bénéficier de la participation de tous les ministères.

Nous avons dû ensuite agir sur le sujet plus général de la facturation électronique avec la mise en œuvre d’une nouvelle plateforme, Chorus Pro, suite à une ordonnance de juin 2014 qui précisait le cadre et le calendrier de l’obligation de facturation électronique pour l’ensemble des fournisseurs de la sphère publique (Etat, collectivités, établissements publics…). Et nous avons décidé de conserver ce parti-pris de recherche de consensus en mettant en œuvre une vaste concertation des représentants tant des acteurs privés que publics afin de préciser, tous ensemble, le cadre de déploiement de la facturation électronique B2G en France.

Cette conviction sur le partage et le consensus autour du projet ont-ils dû se traduire également d’un point de vue technique ?

Avec Chorus Pro, l’offre de services est au cœur de la démarche. La volonté d’ouverture sur tous les acteurs publics et privés est réelle. Quand on évoque la notion de concertation, il faut qu’il puisse y avoir également un sous-jacent, une « structure de concertation » facilitée d’un point de vue technique et le sujet des API est donc vite arrivé dans les discussions. C’était très pragmatique : tous les types d’acteurs devaient pouvoir partager toutes les factures quelles que soient leurs formes. Sur le papier, c’est une idée simple ; mais la réalité sur le terrain est faite d’une multitude d’outils, de logiciels comptables différents qui devaient pouvoir se connecter à la nouvelle plateforme sans que cela devienne une contrainte supplémentaire. Il fallait donc offrir à tous les niveaux les bons services et l’APIsation est un moyen de simplifier l’interconnexion entre des outils différents.

Est-ce une telle plateforme de services qui incarne ce que peut-être « l’Etat Plateforme » avec le numérique ?

Effectivement, nous construisons des briques importantes de l’Etat Plateforme. Avec cette stratégie nous nous sommes rapidement retrouvés à devenir le plus grand « exposeur » de services de l’Etat. Et cette philosophie a dépassé rapidement le cadre de Chorus Pro. Par exemple, il nous a été demandé d’exposer le Document Unique du Marché Européen (DUME) : plutôt que de faire juste une nouvelle plateforme avec des formulaires, l’idée a été de jeter les bases de ce qui pourrait devenir une plateforme mutualisée d’exposition des services de l’Etat, telle qu’exprimée notamment dans le cadre de la loi Pacte. Cela a amené à la création, il y a quelques mois, de PISTE (Plateforme d’Intermédiation des Services pour la Transformation de l’Etat), un tout nouvel outil de mutualisation. Et encore une fois, cela n’a été possible qu’après de nombreuses discussions avec des interlocuteurs publics et privés, mais nous avions dorénavant cette force et cet argument d’avoir amélioré grandement la gestion des API, afin de donner une dimension plus industrielle au projet et de faciliter ainsi les échanges.

Cette montée en gamme vers un « Etat Plateforme » est appelée depuis plusieurs années par la DINSIC[iii], mais est-ce bien entendu par tous les services et notamment par les équipes techniques ?

Effectivement, la DINSIC a pour mission de fixer l’orientation générale dans ce domaine, mais pas de  construire les API. Pour ce qui est de nos systèmes d’informations, nos convictions et notre ADN favorisent la diffusion de cette vision. Nous pensons depuis longtemps que la transformation d’une organisation ne peut pas se faire en solitaire, il faut travailler avec les autres. Cela doit passer par un dialogue, tant au niveau stratégique qu’au niveau des données échangées. Le système d’information doit être au service de cette vision. C’est pour cela que l’APIsation nous est venue naturellement, et s’est insérée comme une pièce importante du cadre d’interopérabilité générale que nous imaginons : l’objectif est bien la transformation globale, pas seulement celle d’un système. En termes de maturité sur le sujet, il y a encore de fortes disparités. Au sein des services de l’Etat, c’est très diversifié, il y a certains qui commencent tout juste à acquérir cette culture API. D’autres s’y lancent très sérieusement. Mais dès que l’on se tourne vers des partenaires du privé, notamment du côté des éditeurs de logiciels, cette maturité est bien présente. En termes de « culture IT » en tant que telle, en interne, nous avions au départ beaucoup de questionnements sur la démarche, mais progressivement nous sommes passés à une philosophie API First. C’est une transformation sans big bang, un réflexe d’adaptation : nous amenons les API partout, car elles permettent d’être plus évolutifs que des systèmes lourds. L’AIFE est au service de tellement d’acteurs différents que nous sommes obligés d’évoluer et de nous adapter aux demandes d’aujourd’hui et de demain. En pensant ainsi la logique d’architecture globale des systèmes, nous garantissons que cette adaptation est bien possible d’un point de vue technique.

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Exergue : « Nous pensons depuis longtemps que la transformation d’une organisation ne peut pas se faire en solitaire, il faut travailler avec les autres. »

AIFE
Création :
2005
Budget annuel :
70 M€
Effectifs :
150

Encadré : Des projets en évolution permanente

L’évolutivité est un des points clés de la vision de l’AIFE pour ses projets. « Sur des visions de long terme, il est nécessaire de pouvoir s’adapter continuellement. Honnêtement, quand nous nous sommes lancés sur le projet Chorus Pro par exemple, nous étions loin d’imaginer que nous créerions finalement autant de services exposés ! Mais nous avons pu garder cette possibilité ouverte, notamment parce que l’utilisation d’API est un moyen pour garantir cette souplesse » témoigne Régine Diyani, sa directrice. Le sujet est d’autant plus important pour l’agence qu’elle pratique volontiers une forme avancée de concertation avec des partenaires extérieurs. « C’est l’originalité de notre approche : nous menons la concertation avant, pendant et après. Ainsi pour Chorus Pro, nous avons créé une instance de pilotage mutualisée, qui réunit des représentants des entreprises (Medef, CPME…), des collectivités locales (association des maires de France, des départements, …) des ministères, des établissements publics … et nous continuons de faire évoluer l’outil, ensemble. De nouvelles idées émergent de l’animation de cette communauté. Et à condition de savoir s’y adapter, cela permet à tous ces acteurs de s’approprier ces choix et la démarche » ajoute-t-elle.

[i] Chorus : système d’information interministériel destiné à piloter les finances publiques en France. Le projet a été lancé en 2007 et la comptabilité de l’Etat est intégralement tenue dans Chorus depuis 2012.

[ii] Chorus Pro : solution mutualisée de facturation électronique qui a été mise en place pour tous les fournisseurs – tant privés que publics – de la sphère publique. La généralisation progressive de la plateforme à toutes les entreprises s’est faite entre 2017 et 2020.

[iii] DINSIC : Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat, sous l’autorité du Premier ministre, coordonne les projets des administrations en matière de système d’information et de transformation numérique.

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